Agricool, la startup qui révolutionne l’agriculture urbaine en France

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Nombreuses sociétés ont décidé de se lancer dans l’agriculture verticale dans des containers maritimes spécialement aménagés pour l’occasion. Nous pouvons citer l’un des pionniers américains dans le secteur à savoir Freight Farms. L’entreprise s’est d’ailleurs associée en début d’année à Sodexo pour intégrer des fermes conteneurisées sur les campus scolaires aux Etats-Unis. L’objectif étant de faire bénéficier aux élèves et professeurs d’une nourriture saine et sans pesticide mais également de sensibiliser et d’éduquer cette nouvelle génération à l’importance de cultiver et de protéger notre écosystème.

La France n’est pas en reste en matière d’agriculture urbaine avec la start-up Agricool qui produit notamment des fraises, du basilic ou encore de la laitue dans des fermes containers lui permettant d’être commercialisée dans près d’une trentaine de points de distribution. Après une levée de fond importante, Agricool a même décidé de traverser les frontières pour développer son projet à Dubaï.

La fabuleuse histoire d’Agricool…

Agricool a été lancé en 2015 par Guillaume Fourdinier, fils d’agriculteur, et son associé Gonzague Gru. Ils ont démarré avec un container maritime de 30m² installé dans le parc de Bercy à Paris avec comme objectif d’y faire pousser des fraises. Tout ceci sans pesticide bien évidemment. Idée douteuse? Farfelue? Nous dirons simplement que c’était une idée révolutionnaire à la française, comme nous les aimons. En juin 2015, ils ont décidé de se lancer et d’acheter pour 5000€ un container frigorifique de 40 pieds. Ils ont ensuite passé 4 mois entier à transformer ce caisson métallique en un véritable écosystème propice à la culture. Pour optimiser la place et doubler les cultures, ils ont donc opté pour l’agriculture verticale. Au total ils ont disposé 265 tours placées devant des diodes électroluminescentes à très basse consommation. Pour l’irrigation, les deux fondateurs ont imaginé un système en circuit fermé. L’eau stockée dans un grand bac est amenée jusqu’à des goutte-à-goutte, placés au-dessus des tours. Elle s’écoule alors le long des racines puis est récupérée dans les gouttières et amenée jusqu’à une pompe qui se charge de ramener l’eau au bac de départ. Afin d’assurer la pollinisation, une “boite à bourdons” a même été installée ainsi que des champignons pour lutter contre les pourritures. Quand à l’électricité, la start-up a signé un contrat avec le fournisseur d’énergie 100% renouvelable, Enercoop. Selon leurs estimations, leur culture répartie sur 30m² pourra produire autant que ce qu’on produit habituellement sur 4000 m². À ce moment là, les fondateurs prévoyaient une première récolte de 7 tonnes de fraises qui seront par la suite vendues sur place.

3 ans plus tard, en 2018, la société disposait de 4 containers produisant chacun 7 tonnes de fraises par an. Ce n’est pas tout puisqu’elle s’est installée sur 1500m² d’ateliers et de bureaux dans une zone d’activités de la Courneuve en Seine-Saint-Denis. Elle y employait alors 55 employés dont une équipe d’agronomes, de designers et de développeurs chargés d’améliorer les containers afin de parfaire la qualité des fraises produites. Toujours sur Paris, le premier container est resté à Bercy. Un autre a été placé à la Station F dans le 13ème arrondissement. Le troisième a investi le Stade de France puis un autre à Asnières en Seine-Saint-Denis.
Si certains dénoncent la production de fraises cultivées hors-sol sans voir la lumière du jour, elles ne sont pas moins produites avec un bilan carbone très réduit. Bien mieux que les fraises venues d’Espagne remplies de pesticides, ces fraises made in Paris ont une haute valeur nutritionnelle produites seulement avec quelques engrais biologiques, une technologie LED optimisée et une irrigation en eau très contrôlée sans gaspillage..
La start-up a également développé son rayonnement commercial puisqu’elle ne vend plus seulement en vente directe mais également auprès de deux magasins Monoprix à Beaugrenelle et à Asnières. Et ce n’est pas tout… En 2018, Agricool avait également l’ambition de traverser les frontières. Elle a alors pris la décision d’envoyer l’un de ses containers transformés à Dubaï là où cette mini-ferme aurait vraiment un sens. En plein désert, il est quasiment impossible de produire sur place rendant l’importation obligatoire engendrant un bilan carbone déplorable et des prix de vente exorbitants. Le container a alors pris place au sein de The Sustinable city, un quartier futuriste construit avec l’ambition d’avoir une empreinte carbone la plus proche de zéro.

Agricool en 2020…

Aujourd’hui Agricool c’est 18 points de vente sur Paris, 5 produits cultivés dans 4 fermes différentes comprenant au total 17 containers transformés et 7000 barquettes vendues par semaine. La société ne compte pas moins de 80 collaborateurs et a réussi à lever 40 millions d’euros. Elle se distingue comme l’un des piliers européens de la FoodTech et de l’AgTech. Elle a même été classée dans les 180 startups européennes les plus prometteuses selon Idinvest Partners dans le domaine de la technologie destinée au grand public. En perpétuelle évolution, Agricool ne cesse d’évoluer tout en conservant ses valeurs humaines et ses engagements en faveur de l’environnement.

Agricool mais pas que…

Nous avons pris l’exemple d’Agricool mais nous aurions pu vous présenter la société Urbanfarm proche de Rennes qui cultive des salades et des herbes aromatiques également dans des containers. Nous pouvons également citer La Boîte Maraîchère au Quebec ou la société ECF à Berlin.

Les idées foisonnent mais Jérôme Mousset, chef du service « forêt, alimentation et bioéconomie » à l’Ademe, reste prudent. « Pour chaque projet, il importe d’effectuer un bilan environnemental global, objectif, et d’analyser les atouts et les points faibles en fonction du contexte local, souligne-t-il. Les analyses environnementales montrent que l’impact du transport est souvent plus faible que celui de la production lorsqu’elle s’effectue hors saison. Par ailleurs, l’agriculture urbaine technologique ne suffira pas à elle seule à nourrir un jour les villes. Il se posera toujours la question des volumes et cette agriculture urbaine  ne couvre pas toute la catégorie des produits alimentaires. On y trouve beaucoup de légumes, mais peu de produits d’origines animales et de céréales. A ce titre, la préservation des terres agricoles reste un enjeu prioritaire.» (informations recueillies sur 20minutes.fr)

Vous l’aurez compris, l’agriculture urbaine technologique n’a certainement pas réponse à tout. Mais elle semble avoir un avenir plus que prometteur surtout dans les régions du monde où les conditions climatiques ou le manque d’espace en font des zones peu propices à la culture. En plus d’avoir un aspect environnemental, l’agriculture urbaine soulève également un aspect social. Elle permet également de recréer du lien entre le consommateur et le producteur. Elle amène des startups souvent lancées par de jeunes agronomes en équipe avec des spécialistes des nouvelles technologies, à s’intéresser aux problématiques agricoles. De ces duos en découlent régulièrement des solutions innovantes profitables à toute l’agriculture.

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